• Denis Labrousse

La Cabane de Gardian

La cabane de gardian est le logement de l'ouvrier agricole dans la Camargue du xixe siècle et du début du xxe. C'est un bâtiment à façade en pignon et à toiture à deux versants couverte en sagne. La partie exposée au mistral est en abside et à croupe de façon à donner le moins de prise possible à celui-ci.


Héritières des premières cabanes d'habitation apparues au xvie siècle1en Camargue et apparentées aux cabanes de roseaux qui parsemaient au xixe siècle le littoral languedocien et roussillonnais, les cabanes de gardians étaient construites à l’aide des matériaux végétaux disponibles localement, et ce uniquement pour des raisons de coût. Les matériaux nobles, acheminés depuis les régions limitrophes, étaient réservés à la construction des mas2.

Des cabanes peu différentes servaient d'habitations permanentes ou saisonnières aux pêcheurs, bergers, agriculteurs, vanniers, sauniers qui travaillaient en Camargue.


La cabane de gardian du début du xxe siècle est un bâtiment à façade en pignon, à la toiture à deux versants inclinés de 45 %, dont la partie exposée au mistral est en abside et à croupe de façon à donner le moins de prise possible à celui-ci.

Elle possède une armature de piquets verticaux en bois d'ormeau supportant des pannes sablières (areniés). Sur ces dernières, s'appuient les chevrons (travetos ou travettes), lesquels reposent en haut sur la panne faîtière (arenié mestre). Lorsque le pignon est en matériaux végétaux, la faîtière est soutenue par deux poteaux montant de fond, l'un à l'avant, l'autre à l'arrière; lorsque le pignon est en pierres maçonnées, elle repose à l'apex de celui-ci et sur un poteau de fond à l'arrière.


Le chevron central de la croupe dépasse systématiquement le faîte de la toiture pour se retrouver coiffé d'une corne (bano) ou barré transversalement en forme de croix. Par grand vent, pour éviter que la cabane ne se soulève, on attachait au bout saillant de ce chevron, des cordes fixées au sol.

La couverture est faite de rangées de javelles (manouns ou manons) de roseau des marais (sagno ou sagne) posés sur des lattes (coundorsos ou condorses). Pour obtenir une meilleure étanchéité, une rangée de tuiles canal scellées au mortier vient souvent coiffer le faîtage, et un enduit de mortier à la chaux (cacho-faio) est appliqué le long de ce dernier, formant une chemise (camiso) ou chape. Celle-ci a aussi comme avantages de réfléchir, par sa blancheur, les rayons du soleil, de protéger du vent le sommet de la toiture en le caparaçonnant et de réduire les risques d'incendie liés à la présence du conduit de cheminée.


Les ouvertures sont étroites et il n'y a pas de fenêtre au nord. L'entrée est toujours en pignon. La porte en est en bois. Une toile contre le soleil et les moustiques est suspendue au-dessus du linteau en été.

La cabane occupe une surface de 80 à 120 m2 en moyenne.

Lorsque le pignon est en dur, une cheminée à hotte montante est adossée contre la paroi intérieure de celui-ci, et sous l'un des rampants, l'autre moitié du pignon étant prise par l'entrée. La souche de cheminée, généralement de section rectangulaire, dépasse toujours du rampant opposé à celui au-dessus de l'entrée.

La cabane s'allonge en fonction des besoins de l'habitant : soit pièce unique, l'occupant mangeant au mas, soit pièce à vivre et chambre. La chambre, séparée de la pièce principale, au mieux par un cloison, au pire par un simple rideau de tissu, occupe alors la partie arrondie ou culotte de l'édifice. Elle abrite un lit en forme de caisse, dit brèsso (fém.), sur lequel pose en guise de matelas un sac à sel de 50 kilos rempli d'herbes sèches, dites baunco. La pièce à vivre, pour sa part, est meublée simplement : une table, deux bancs, quelques étagères et coffres. En pignon, un auvent (laùpio, fém.), armature rudimentaire coiffée de sagne, complétée par une table et un banc en bois, sert aux tâches ménagères (préparation de la cuisine, vaisselle).

Le sol de la cabane est en terre battue ou en béton de terre (bétun), mélange de mortier de chaux et d'agrégats roulés.

Devant certaines cabanes, se dresse un poteau muni d'échelons, appelé escalassoun (échelier ou rancher), auquel le gardian est censé monter pour surveiller son troupeau.


Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cabane_de_gardian


La Sagne


Il existe plusieurs lignées de roseau commun, qui ont évolué indépendamment pendant des milliers d'années. Depuis le début du xxe siècle, on assiste en Amérique du Nord à une invasioncryptique par une ou des lignées d'origine eurasienne.

Les roseaux étaient et sont toujours utilisés localement, dans la constitution de murs et toitures des maisons (mudhif des Arabes des marais en Mésopotamie) et pour fournir de la litière aux animaux.

Ils constituent un abri de choix pour des passereaux et pour de petits mammifères. Ils sont aussi largement utilisés dans les stations d'épurations à filtre planté de roseaux (phytoépuration).

Les patronymes Sagne, Sagnes, Sagnier, etc. sont liés aux anciens métiers d'exploitation de ces roseaux. Le toponyme La Seyne-sur-Mer est lié à la présence de roseaux sur le territoire.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Roseau_commun

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